6 juin 2009
Ligne B du métro à
Labège : le Sicoval fait campagne
Un habillage jaune et noir assez frondeur qui
ne laisse pas indifférent. Le Sicoval, la Communauté
d'Agglomération Sud-Est toulousain, lance sa campagne d'informations
sur le thème : « Oui au prolongement de la ligne
B du métro jusqu'à Labège Innopole.Votre
soutien est notre force». De la pertinence, mais pas de
conflit dans ce message, comme le précise, haut et fort,
le président François-Régis Valette, même
s'il n'occulte pas que le retrait de la concertation du projet
labégeois par le comité syndical de Tisséo
SMTC le 29 septembre 2008, a fait couler l'encre de la colère.
«Ce n'est pas qu'un projet d'intérêt pour le
Sicoval, mais pour toute la grande agglomération. 80 %
de la population qui vient dans le Sud-Est toulousain vient de
l'extérieur de cette zone, et pour grande majorité,
elle vient de Toulouse. » Alain Sérieys, maire d'Escalquens
et vice-président du Sicoval, embraye sur la même
revendication : « Le métro à Labège,
ce n'est pas un caprice du Sicoval, c'est un pari environnemental.
Cette campagne n’est pas une campagne de conflits, mais
une campagne d’informations. Les premiers concernés
parle prolongement à Labège sont les gens, et c'est
aux gens via cette action de communication de donner leurs avis.»
Pour espérer faire infléchir Tisséo-SMTC
et la CUT et remettre sur la table de la concertation de ce projet,
François-Régis Valette s'appuie sur des chiffres
qu'il estime suffisamment évocateurs et persuasifs: «Le
métro à Labège est la seule solution pour
fluidifier le trafic routier, 130 000 voitures par jour avec le
stress et la pollution que cela entraîne. Une rame de métro,
ce serait 127 voitures en moins sur la route. Il faut donc que
tous les acteurs concernés par la politique des transports
s'interrogent vraiment sur les priorités. Et la priorité
: c'est le métro à Labège. Un métro
qui permettra de relier Toulouse à Labège en 23
minutes, avec 11 fois moins d'énergie consommée
par chaque passager par rapport à l'utilisation de sa voiture.»
LES 4,8 KM LES PLUS RENTABLES
Il ajoute avec le même aplomb : «Entre l'Innopole
et le Parc Technologique du Canal, c'est 800 entreprises et 20
000 salariés qui participent, via la taxe transport, au
financement de Tisséo - SMTC. In fine, il a été
calculé que les 4,8 km de prolongement, ce sera plus de
10 % d'augmentation de la fréquentation prévus sur
l'ensemble des transports en commun, autrement dit l'opération
la plus rentable. Que dire pour l'usager : le coût d'un
an de trajet domicile-travail en voiture s'élève
à 1 035 €, contre 310 € en métro.»
Quid de la solution de substitution du tramway ? François-Régis
Valette ne la valide pas : « Le tram assure deux fois moins
de passagers que le métro et c'est un arrêt de plus.
Pour un tram, il faudrait un pont au-dessus de l’avenue
Latécoère, du canal, de l’autoroute et de
l’Hers. Du gros ouvrage et donc du retard.
Interrogé sur ce dossier, Pierre Cohen, Député-maire
de Toulouse, et président de la Communauté urbaine,
n’a pas souhaité faire de commentaire ». Stéphane
Coppey, président de Tisséo – SMTC, non plus.
Affaire à suivre.
La dépêche du midi, samedi 6
juin 2009